L'alopécie désigne la diminution ou la disparition partielle ou totale des cheveux. Pour bien comprendre ce phénomène, il est essentiel de connaître le cycle capillaire normal. Chaque cheveu suit un cycle de croissance comprenant trois phases : la phase anagène (croissance active de 2 à 7 ans), la phase catagène (transition de 2 à 3 semaines) et la phase télogène (repos de 2 à 3 mois). Il est normal de perdre entre 50 et 100 cheveux par jour dans le cadre de ce renouvellement naturel.
La perte de cheveux peut résulter de multiples facteurs qui agissent souvent en combinaison :
Il convient de distinguer la chute temporaire, souvent réversible avec un traitement adapté, de la perte permanente où les follicules pileux sont définitivement altérés. La chute temporaire peut être liée au stress, aux changements saisonniers, à une maladie ou à certains médicaments. La perte permanente, quant à elle, résulte généralement d'une destruction irréversible des follicules pileux.
La dihydrotestostérone (DHT) joue un rôle central dans l'alopécie androgénétique. Cette hormone, dérivée de la testostérone par l'action de l'enzyme 5-alpha-réductase, se fixe sur les récepteurs des follicules pileux sensibles. Elle provoque progressivement leur miniaturisation, raccourcit la phase de croissance et conduit à la production de cheveux de plus en plus fins jusqu'à leur disparition complète.
Le stress chronique peut perturber le cycle capillaire et accélérer l'entrée des cheveux en phase télogène. L'âge naturellement ralentit le renouvellement cellulaire et affecte la qualité des cheveux. Chez les femmes, les fluctuations hormonales lors de la grossesse, du post-partum ou de la ménopause peuvent temporairement ou durablement modifier la densité capillaire.
L'alopécie androgénétique représente 95% des cas de calvitie chez l'homme et constitue la cause principale de perte de cheveux chez la femme après la ménopause. Chez l'homme, elle se caractérise par un dégarnissement progressif des tempes et du vertex. Chez la femme, elle se manifeste plutôt par un éclaircissement diffus de la partie supérieure du crâne, préservant généralement la ligne frontale.
La pelade est une maladie auto-immune caractérisée par la formation de plaques rondes ou ovales complètement dépourvues de cheveux. Ces zones glabres peuvent apparaître sur le cuir chevelu, la barbe ou d'autres zones pileuses du corps. Cette affection peut évoluer vers une récupération spontanée ou, dans les cas sévères, vers une perte totale des cheveux.
L'effluvium télogène correspond à une chute diffuse et temporaire des cheveux suite à un stress physique ou psychologique important. Les cheveux tombent de manière uniforme sur l'ensemble du cuir chevelu, généralement 2 à 3 mois après l'événement déclencheur. Cette condition est habituellement réversible une fois la cause identifiée et traitée.
L'alopécie de traction résulte de tensions répétées exercées sur les cheveux par certaines coiffures (chignons serrés, tresses, extensions). L'alopécie cicatricielle implique une destruction définitive des follicules pileux par inflammation, infection ou traumatisme, laissant place à du tissu cicatriciel où aucune repousse n'est possible.
Un diagnostic médical précis est indispensable avant d'entreprendre tout traitement. Le médecin ou dermatologue réalise un examen clinique approfondi, peut prescrire des analyses sanguines pour détecter d'éventuelles carences ou déséquilibres, et parfois effectuer une dermoscopie ou une biopsie pour confirmer le diagnostic.
L'échelle de Norwood-Hamilton classe l'alopécie masculine en 7 stades, du simple dégarnissement temporal à la calvitie étendue. La classification de Ludwig évalue la perte de cheveux féminine en 3 grades selon l'importance de l'éclaircissement de la partie supérieure du crâne. Ces outils permettent d'évaluer l'évolution et l'efficacité des traitements.
Plusieurs médicaments efficaces sont disponibles sur prescription médicale pour traiter la chute de cheveux en France. Le finastéride (Propecia, Chibro-Proscar) agit en inhibant l'enzyme 5-alpha-réductase, réduisant ainsi la conversion de la testostérone en DHT. La posologie standard est de 1 mg par jour, avec une efficacité démontrée chez 80% des hommes après 2 ans de traitement.
Le minoxidil topique (Regaine, Alopexy) stimule la circulation sanguine du cuir chevelu et prolonge la phase de croissance des cheveux. Il existe en concentrations de 2% pour les femmes et 5% pour les hommes, à appliquer deux fois par jour. Le dutastéride, utilisé hors AMM, présente une efficacité supérieure au finastéride en bloquant les deux isoformes de la 5-alpha-réductase.
Chez les femmes, la spironolactone peut être prescrite pour son action anti-androgénique, particulièrement efficace dans l'alopécie androgénétique féminine. Les traitements hormonaux substitutifs peuvent également être bénéfiques chez les femmes ménopausées. Tous ces traitements nécessitent une prescription médicale et un suivi médical régulier pour évaluer l'efficacité et surveiller les éventuels effets secondaires.
Les solutions cosmétiques offrent une approche complémentaire dans la prise en charge de la chute de cheveux. Les shampooings anti-chute, comme Vichy Dercos Aminexil, Ducray Anaphase+ ou Kérastase Specifique Bain Prévention, contiennent des actifs stimulants qui renforcent la fibre capillaire et améliorent la microcirculation du cuir chevelu.
Les lotions et sérums stimulants de marques reconnues telles que L'Oréal Professionnel Serioxyl, Phyto Phytocyane ou René Furterer RF80 apportent des nutriments essentiels directement aux follicules pileux. Ces produits cosmétiques peuvent être utilisés en complément des traitements médicamenteux.
Concernant les compléments alimentaires, plusieurs nutriments sont essentiels à la santé capillaire :
Des spécialités comme Cystine B6 Bailleul, Forcapil ou Oenobiol Capillaire associent ces nutriments dans des formules optimisées. Cependant, leur efficacité reste limitée et ne peut remplacer une alimentation équilibrée riche en protéines, vitamines et minéraux.
Les huiles essentielles offrent une approche naturelle prometteuse pour stimuler la croissance des cheveux. L'huile essentielle de romarin améliore la circulation sanguine du cuir chevelu et peut être aussi efficace que certains traitements conventionnels. La menthe poivrée procure un effet rafraîchissant et stimulant, tandis que la lavande apaise le cuir chevelu tout en favorisant la régénération capillaire. Diluez toujours ces huiles dans une huile porteuse comme l'huile de jojoba ou d'argan avant application.
Le massage quotidien du cuir chevelu pendant 5 à 10 minutes stimule la microcirculation et peut améliorer l'apport en nutriments aux follicules pileux. Utilisez vos doigts pour effectuer des mouvements circulaires doux, ou investissez dans une brosse de massage spécialement conçue à cet effet.
Une alimentation équilibrée constitue la base d'une chevelure saine. Les éléments nutritifs essentiels comprennent :
La gestion du stress est également cruciale, car le stress chronique peut provoquer une chute de cheveux temporaire. Pratiquez des techniques de relaxation comme la méditation, le yoga ou la respiration profonde.
Évitez les coiffures qui tirent excessivement sur les cheveux comme les chignons très serrés ou les tresses. Limitez l'utilisation d'appareils chauffants et de produits chimiques agressifs. Protégez vos cheveux des rayons UV avec des chapeaux ou des produits capillaires contenant des filtres solaires, et rincez-les après exposition à la pollution urbaine.
Consultez un dermatologue ou un trichologue si vous observez une perte de cheveux soudaine, des plaques dégarnies, des démangeaisons persistantes du cuir chevelu, ou si la chute dépasse 100 cheveux par jour pendant plusieurs semaines. Un diagnostic précoce permet d'identifier la cause et d'initier un traitement adapté plus rapidement.
Les traitements contre la perte de cheveux nécessitent de la patience. Les premiers résultats visibles apparaissent généralement après 3 à 6 mois de traitement régulier, car le cycle de croissance capillaire est long. La combinaison de plusieurs approches thérapeutiques (topiques, orales, naturelles) offre souvent de meilleurs résultats qu'un traitement isolé.
De nouvelles approches thérapeutiques émergent constamment. La thérapie LED stimule les follicules par photobiomodulation, le microneedling améliore l'absorption des traitements topiques, et la thérapie PRP (plasma riche en plaquettes) utilise les facteurs de croissance du patient pour stimuler la repousse.
Pour les cas avancés, les greffes capillaires offrent une solution permanente. La technique FUE (extraction d'unités folliculaires) est moins invasive que la méthode FUT (transplantation d'unités folliculaires par bandelette). Ces interventions nécessitent une évaluation approfondie par un chirurgien spécialisé.
La perte de cheveux peut affecter l'estime de soi. N'hésitez pas à chercher un soutien psychologique si nécessaire. En attendant les résultats des traitements, les perruques de qualité, les extensions capillaires ou les poudres densifiantes peuvent restaurer temporairement votre confiance et votre image.